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viernes, 17 julio 2015

Vroom vroom vroom

NV-IMP921.jpgPour clore ce premier chapitre sur la Colombie, avant que j’oublie tous les détails, je vais essayer de tirer les leçons de l’achat d’une voiture à Bogota.

Le but était d’être indépendant et de pouvoir parcourir le pays à ma guise. Étant donné la circulation à la capitale, je cherchais une automatique qui soulagerait l’attente dans les embouteillages, une d’occasion pas trop chère et pas trop vieille car elle n’allait pas rouler toute l’année et je ne voulais pas investir beaucoup dans un bien meuble qui allait rester immobile la plupart du temps et enfin une facile à entretenir.

En cherchant par le web j’ai trouvé trois Renault Clio qui répondaient à ces critères. Une était déjà vendue, l’autre était dans un garage trop éloignée de mon appartement, la troisième était encore disponible et m’attendait à moins d’un kilomètre de chez moi.

Par acquis de conscience, je suis quand même allé voir les occasions du concessionnaire Renault qui auraient eu l’avantage d’être garanties en cas de problème. Malheureusement, il n’y avait pas d'automatiques à bon prix.

Puis je suis allé voir le garage sur l'Autopista Norte à la hauteur de la Calle 120. Je croyais que c’était aussi un concessionnaire, mais en fait c’est un revendeur de toutes marques. Il y avait dans les deux cents véhicules sur deux étages, collés les uns aux autres. Le vendeur était tout le temps au téléphone et il a fallu beaucoup patienter pour qu’il nous montre la Clio.

C’était un modèle essence, boîte automatique, année 2010, avec 47000 km, climatisation, sièges en cuir, vitres teintées, à 17 900 000 pesos, soit environ 7000 euros. Je pense que neuve elle pouvait coûter pas loin du double. De toute façon le vendeur n’a pas voulu négocier le prix. L’essayer était compliqué car elle était au sous-sol coincée entre plein d'autres voitures. Nous l’avons simplement démarrée et constaté qu’il y avait des rayures sur la carrosserie, mais autrement elle avait l’air bien.

Décidé à l’acheter, j’ai cherché une assurance qui a envoyé des experts pour la voir. Ils ont dit qu’elle pouvait être assurée et m’ont donné un devis. Ma femme n’était pas très convaincue à cause de l’attitude un peu louche du vendeur. En effet, il avait l’air d’un filou !

Nous avons payé un acompte pour qu’ils la préparent. Nous sommes allés la récupérer et payer le solde une semaine après. De nouveau, l’attente a été longue. La voiture était à l’extérieur en train d’être lavée. La première surprise était que le vendeur voulait que l’on paye en liquide alors qu’il avait dit qu’ils acceptaient la carte bancaire. Au bout d’un moment, il nous a donné un numéro de compte bancaire pour que l’on fasse un virement. Nous l’avons fait dans une agence voisine.

La deuxième surprise était que dans le coffre il n’y avait pas de kit obligatoire d’extincteur et outils de base. Il l’a pris finalement d’une autre voiture (déshabiller Paul pour habiller Pierre...) et nous sommes partis avec très peu d’essence. Le temps d’aller à la maison et d’attendre que les restrictions de circulations pour les voitures avec numéro pair soient levées à 19h30, nous sommes sortis faire le plein ainsi que quelques autres achats.

Avant de conduire de nouveau en Colombie, j’avais de l’appréhension car je m'imaginais dans des voitures tamponneuses d’une foire de village. Je croyais que l’on allait me cogner dès les premiers mètres. En fait, ce n’était pas compliqué. D’abord, on ne roule pas si vite que ça à cause des embouteillages, puis personne ne veut rayer sa propre voiture. Ils font semblant de ne pas vouloir laisser passer les autres, mais ils cèdent le passage avant que ça ne soit pas trop tard.

On doit quand même être vigilant aux piétons, aux cyclistes, aux motos, aux taxis et aux autobus qui sortent à improviste et à la dernière minute de n’importe quel côté.

Le lendemain matin, j’allais sortir pour la première fois profiter d’une journée impaire donc sans restrictions pour ma plaque d'immatriculation, lorsque je trouve que ma voiture ne démarrait plus. Panne de batterie ! Il est vrai que j’avais oublié d’éteindre la radio qui a marché toute la nuit.

J’ai donc appelé l’assistance technique incluse dans mon assurance. Ils sont arrivés très vite et ont démarré le moteur. Leurs remarques ne m’ont pas rassuré. La batterie était trop petite et n’avait pas l’air de tenir la charge. Le kit de premier secours n’était pas conforme : l’extincteur ne marchait pas et le contenu de la boîte à pharmacie était périmé. Il n’y avait pas d’écrou de sécurité pour changer les roues, les outils de base étaient incomplets. Ils m’ont dit de la laisser tourner une dizaine de minutes pour pouvoir partir sans soucis et surtout de les appeler s’il y avait le moindre problème.

Les dix minutes passées, j’ai voulu essayer d’éteindre et de redémarrer la voiture, mais je n’arrivais pas. Ça sentait l’essence et on dirait que le moteur était noyé. Je suis allé dans l’appartement pour attendre que ça se passe. En fait comme c’est une voiture automatique type américain, il faut la démarrer en position P, mais il n’y avait pas d’indication sur le tableau de bord comme dans les automatiques récentes en France. Elle a finit par démarrer.

Nous voilà donc partis pour nos courses dans les encombrées rues bogotanaises. Ça avait l’air de fonctionner normalement. Nous avons parcouru de la Calle 120 avec Avenue 19 jusqu’à la Calle 70 avec Carrera 11 sans encombre. Le manque d’habitude et de GPS m’ont fait allonger mon parcours et tomber dans quelques trous de la chaussée. De retour à la maison en plein orage tropical et à la hauteur de la Calle 92 avec Carrera 15, la voiture s’est arrêtée net et pour de bon. Impossible de la redémarrer. (Peut-être que dans la panique, j’ai oublié de mettre le levier de vitesses sur P, mais je ne suis pas sûr.) J’ai mis les feux de détresse et un triangle à quelques mètres à l’arrière, puis j’ai appelé l’assistance technique de l’assurance. Le temps d’attente paraissait une éternité. Par-dessus le marché, au bout d’un moment, la batterie était complètement déchargée.

La voiture de dépannage est arrivée enfin. Le dépanneur a mis une batterie à la place du passager avant, puis l’a branchée par la fenêtre sur la mienne et nous sommes partis tester la batterie chez un spécialiste.

Comme je ne connaissais pas assez la route, j’ai préféré suivre le dépanneur plutôt que le contraire. La pluie continuait, j'essayais de ne pas perdre mon dépanneur qui roulait assez vite. À hauteur de la Carrera 7 avec 95, le moteur s'est arrêté à nouveau. Mon dépanneur a continué son chemin. Encore un appel à mon assurance. Ils me disaient qu'il fallait attendre au moins 40 minutes avant qu'un nouveau dépanneur arrive. Par miracle le dépanneur que nous suivions nous a appelé pour savoir où nous étions. Il est revenu, a redémarré la voiture et nous sommes enfin arrivés chez le vendeur de batteries. Avec une nouvelle batterie nous avons pu rentrer à la maison.

Le dépanneur nous a accompagné tout le temps et nous a conseillé d'aller voir un ami garagiste qui soit disant pouvait tout réparer pour pas cher. C'était dans le quartier 7 de Agosto bien connu des automobilistes. Comme nous avions peur de nous faire avoir, nous avons préféré l'amener le lendemain matin chez un garage Renault agrée. Ce n'était pas très loin mais les embouteillages nous ont fait voir le chemin très long. Juste en arrivant à la porte de ce garage, la voiture est tombée en panne !

Bref, nous l'avons laissée pour une révision complète et pour qu'ils trouvent les raisons de cette panne bizarre. Au bout d'une semaine, ils ont enfin trouvé que c'était un senseur du moteur qui envoyait des mauvais signaux à l'ordinateur ce qui faisait arrêter le moteur. De plus ils ont réparé les freins et installé une protection du moteur qui manquait sous la voiture. Ils ont trouvé l'écrou de sécurité qui manquait pour changer les roues, mais ont oublié de réparer une ampoule.

Suite à ce premier passage au garage, j'ai pu commencer à rouler avec plus de tranquillité. Au bout d'une semaine, j'ai voulu qu'ils me changent l'ampoule grillée. Le garagiste m'a dit qu'ils allaient être fermés et qu'il fallait aller voir un autre garage, par exemple celui de la Calle 127 avec Carrera 7, car leur garantie était nationale.

Ce deuxième garage s'appelle Renault Minuto. En voyant la voiture, ils ont tout de suite indiqué que ce n'était pas le système de feux d'origine et que donc ils ne pouvaient pas la réparer. J'ai demandé de réinstaller le système d'origine et de nous trouver une clef pour la fermeture de la trappe d'essence. Au bout de quelques jours, la voiture était prête. On n'était pas au bout de nos peines ! Les lumières étaient maintenant conformes à l'équipement d'origine, mais ils ont dit qu'il fallait contrôler les courroies du moteur avant de sortir de Bogota. (Ce contrôle aurait dû être effectué à 40 mil kilomètres !) Le protecteur du moteur qui avait mis le premier garagiste n'était pas le bon pour ce modèle de voiture, c'était trop petit. Quelques semaines après, le contrôle des courroies a permis de détecter une fuite d'huile qu'il a fallu réparer aussi car dangereux.

Enfin, nous avons parcouru environ 1200 km presque sans problèmes : le compteur de vitesses s'arrêtait par moments. C'était la dernière réparation à réaliser avant de renter en France, ce qui fut fait. Ouf !

Ces divers rafistolages nous ont coûté plus de 1700 euros. Ce n'était pas une bonne affaire. Le protecteur du moteur doit encore être remplacé par Renault car c'est de leur faute. Le vendeur ne m'a donné qu'une seule clef de la voiture et après avoir installé correctement l'alarme, les portes se ferment automatiquement après 30 secondes de couper le moteur. On n'a pas intérêt à laisser la clef dedans. La deuxième clef coûte presque 300 euros. On ná pas intérêt à la perdre. Enfin, le vendeur ne nous a pas encore rendu les nouveaux papiers de la voiture à mon nom.

Conclusion : J'aurais dû faire faire un contrôle technique par un expert indépendant avant l'achat, je n'aurais pas dû payer la totalité mais laisser un solde à régler lorsque les papiers de la voiture seraient prêts, j'aurais peut-être pu acheter une voiture neuve à crédit au lieu d'une d'occasion ou bien une voiture sans boîte de vitesses automatique pour avoir plus de choix, j'aurais dû l'acheter chez un vendeur agréé. C'est trop tard maintenant, mais j'espère profiter de cette voiture qui devrait rouler sans problème encore quelques années.

18:18 Anotado en Viajes | Permalink | Comentarios (0) | Tags: colombia, automóvil

viernes, 01 mayo 2015

FILBO 2015

colombia,feria del liboQuand j’étais petit nous venions un week-end par an d’Ibagué à Bogotá avec mon grand-père et la famille pour voir la Foire internationale de Bogotá qui était énorme et montrait toute sorte de nouveautés industrielles. C’est là que j’ai vu pour la première fois une machine à écrire qui tapait toute seule : en fait, c’était une console d’ordinateur que l’on appelait à l’époque cerveau électronique. C’était organisé par pays. Des années plus tard, j’ai travaillé dans la halle des États-Unis dans le stand d’une entreprise colombienne qui commercialisait des miniordinateurs. J’étais en train de terminer mes études. De toute façon il y a plein d’expositions par an à cet endroit. C'est comme Palexpo à Genève.

Cette semaine, je suis allé voir la Foire internationale du livre de Bogota qui est plus grande que ce que j'imaginais. Je n'ai eu le temps de parcourir que la moitié d’une halle en deux heures (la numéro 6 dans ce plan http://feriadellibro.com/pdf/feria-del-lbro-2015-plano-general.pdf ).

Il y avait du monde, mais il paraît que le 1er mai c'est le jour le plus chargé. Ça fait plaisir de voir autant de jeunes qui s’intéressent aux livres. Il y avait de tout : de la littérature classique universelle, des livres pour enfants, des livres techniques (droit, psychologie, ingénierie…), scolaires, ésotérisme, religion, santé, beaux-arts, tourisme, beaux livres, livres anciens, etc.

colombia,feria del liboEnfin, ce que je voulais voir surtout était de la littérature colombienne contemporaine. En passant dans les allées, j’ai vu le dernier roman de mon ami Fernando qui vient de paraître et dont j’ai raté malheureusement le lancement à cause d’occupations avec l’appartement. Nous l’avons acheté bien sûr, ainsi que d’autres titres pour offrir ou pour nous.

J’ai parlé un moment avec le directeur d'une entreprise colombienne de distribution de livres. Il a participé à toutes les 28 foires depuis la création. Paraît-il qu’au début, les librairies achetaient les livres et payaient à 60 jours. Aujourd’hui elles veulent les livres en dépôt et mettent plus de temps à payer. Pour faire venir les œuvres d’Espagne, il passe par un distributeur espagnol et ne peut donc pas recevoir des livres par d’autres canaux, sauf si le partenaire espagnol est d’accord. À voir donc.

La mode est à la littérature de terreur et fantastique. Bien sûr il prend surtout les livres des auteurs connus car ils se vendent mieux. On a bien rigolé en comparant le monde du livre avec celui de la couture : c’est plus recherché un vêtement de Pierre Cardin que ceux d’un très bon tailleur local Pedro Cardenas ; la marque compte plus que la qualité. Il ne croit pas que le livre électronique va faire disparaître le papier. Ce sera un marchait parallèle qui permet déjà par exemple l’impression à la demande. À ses débuts, les tirages étaient facilement de 1000 exemplaires, aujourd’hui, on imprime 200 et on attend les ventes pour voir si ça vaut la peine d’en imprimer d’avantage.

Il m’a donné les coordonnées d’un éditeur Colombien qui pourrait publier mes écrits. Il m’a dit que l’édition ici coûte la moitié qu’en Espagne. On verra bien.

Chaque année il y a un pays invité. Cette fois-ci, en souvenir du Prix Nobel Gabriel Garcia Marquez, c’était Macondo le pays invité. Ils ont dédié une halle au monde fantastique de l’écrivant Colombien décédé l’année dernière. Nous n’avons pas eu le temps de regarder en détail cette exposition qui avait l’air d’être très bien faite et bien documenté.

http://feriadellibro.com

colombia,feria del libo

sábado, 25 abril 2015

Vente aux enchères

colombia,subasta,ganaderíaLa région de la ville de La Dorada au bord du fleuve Magdalena est propice à l’élevage de bétail. Il paraît que c’est la deuxième municipalité d’élevage du pays après Monteria. Chaque semaine il y a plusieurs ventes aux enchères que ce soit pour l’abatage, la reproduction ou l’élevage. Les animaux viennent de plusieurs départements mais essentiellement de Cundinamarca, Tolima et Caldas. Je n’y connais rien, mais comme nos amis, qui ont une maison secondaire là-bas et nous ont invité pour le week-end, ont du bétail, c’était l’occasion de voir comment ça se passe.

Nous sommes allés le soir à une énorme halle en structure de bambou avec des murs en ciment, des gradins, des tables et des chaises. Au centre, un enclos circulaire surélevé avec des clôtures en métal où les groupes d’animaux, parfois une seule bête, sont montrés au public tour à tour jusqu’à ce qu’ils soient vendus au plus offrant. Les vachers s’affairent à faire bouger les animaux dans un ballet incessant sans les mélanger. En haut de l’enclos, une tribune où l’on annonce par hautparleur les caractéristiques du lot : la race, le sexe, l’âge, la provenance, la composition et le prix de base en pesos par kilogramme. D’autres personnes aident l’animateur au micro en faisant des calculs et en rentrant les données à l’ordinateur. Tout en haut un écran affiche ces données et les prix qui montent. Dans les gradins le public regarde et les acheteurs soulèvent plus ou moins discrètement des panneaux avec un numéro qui les identifie. Ça va assez vite. Il faut un œil expert pour repérer les endroits où les vrais preneurs se trouvent.

colombia,subasta,ganaderíaNos amis possèdent un terrain agricole où ils font grossir des veaux sur des pâturages. Un voisin qui s’en occupe touche 30% du bénéfice. Leur idée est d’acheter des animaux qui pèsent dans les 200 kilos chacun pour les faire arriver à 300 et ainsi les vendre plus chers. Il ne faut pas dépasser un certain nombre de bêtes par hectare. Les animaux bien nourris peuvent prendre environ vingt kilos par mois. Ainsi tous les quatre mois le lot change de main aux enchères. Ils ont appris que le prix du kilo baisse lorsque les animaux arrivent à l’âge de l’abatage et que les mâles ont un meilleur prix que les femelles. Ils préfèrent donc avoir des mâles. C’est comme aller au casino, mais avec plus de chances de gagner.

Ce soir le meilleur prix était d’environ 4000 pesos le kilo et la race la plus représentée était des zébus. On a vu un taureau nain dont je ne me rappelle plus sa race. Parfois c’étaient des veaux, parfois des vaches avec ou sans leurs petits, parfois un seul taureau étalon. Il y a des races colombiennes qui ont été créés par mélange d’autres plus connues comme le charolais ou la normande. Je ne sais pas combien d’animaux ont été présentés. La liste de lots faisait deux pages en petits caractères avec les caractéristiques sur chaque ligne. Celui de nos amis était le numéro 27, mais nous sommes arrivés trop tard pour voir la vente de celui-ci. Ils sont par ordre d’arriver ; les meilleures places sont plutôt au milieu de la liste.

C’est tout de même un autre monde celui de l’industrie de la viande. La vie dans la région est très loin de l’agitation de la capitale, tout en étant qu’à trois ou quatre heures de route. C’est la terre chaude avec sa végétation tropicale et ses animaux exotiques. Des oiseaux colorés, des colibris ou des iguanes nous surprennent dans la verdure. Il y a beaucoup de cowboys en Colombie.

http://es.wikipedia.org/wiki/La_Dorada_(Caldas)

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